PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE DU RECRUTEMENT

INTERVENANT :

Rémy LE SAOUT, sociologue, maître de conférences à l’université de Nantes
Maître de conférences à l’université de Nantes

Directeur de l’UFR de Sociologie de l’Université de Nantes de 2009 à 2014.
Directeur Adjoint du Centre Nantais de Sociologie (CENS CNRS 3706) de 2007 à 2009.
Membre du comité exécutif (CE) de l’Association Française de Sociologie (AFS).
Co-directeur de la collection le « sens social » aux Presses Universitaires de Rennes.

Thèmes de recherche : Sociologie des institutions politiques locales, sociologie des élus locaux, intercommunalité, politiques publiques, fonction publique territoriale.

LE RECRUTEMENT :

La question du recrutement dans les collectivités territoriales est un sujet très vaste. On peut l’aborder de différentes manières :

  • d’un point de vue juridique,
  • d’un point de vue statistique,
  • d’un point de vue managérial.

En tant que sociologue, Rémy LE SAOUT propose une approche plus centrée sur le jeu des acteurs dans les communes.

Si l’on remonte au début du XIXème siècle, on réalise que le recrutement n’est pas qu’une affaire de normes ou de statistiques mais c’est aussi le résultat de rapports de force entre différents groupes d’acteurs (Etat, élus, personnels, citoyens…) qui portent sur une tension entre laisser une grande autonomie aux élus dans les recrutements ou bien encadrer ce pouvoir discrétionnaire. Sur plus d’un siècle, on se rend compte que c’est un peu dans un entre deux : logique clientéliste et logique bureaucratique.

« Les élus gagnent en liberté d’action politique ou publique avec les lois de décentralisation (1983/1984) mais sont contraints comme employeurs. Face à une nouvelle logique de compétition régionale qui naît dans les années 90, les recrutements deviennent de plus en plus techniques et bureaucratiques au point que, dans certaines collectivités, les élus n’ont casiment plus la main sur les RH. »

Les tensions actuelles sur les budgets des communes peuvent être vues comme un phénomène qui réduit les marges de manœuvre des élus car ils sont contraints d’appliquer plus ou moins les mêmes solutions.

« Le grand débat actuel est de savoir comment organiser la maîtrise de la masse salariale alors même qu’une partie de sa progression ne relève pas du pouvoir ou de l’action des collectivités.Du fait des pressions budgétaires actuelles, les possibilités d’action et les stratégies managériales, autrement dit les libertés d’action laissées aux élus, tendent à se réduire »

Mais cette période, qui peut être pensée comme difficile, peut  être vue comme une opportunité de repenser les principes de recrutement, c’est l’option optimiste de la journée.